Bas-Congo

Appelée aussi Kongô central, la province du Bas-Congo est après la province de Kinshasa, la plus petite de la République et la moins peuplée (2.3 % de la superficie totale du pays). Mais c’est aussi la province la plus visitée. Avec sa façade atlantique, le Bas-Congo est le point de désenclavement du pays de même qu’il a depuis toujours été l’ouverture à différents métissages.

Cette province constitue donc une mosaïque de sites historiques et culturels intéressants pour une approche touristique. Et la proximité avec Kinshasa lui donne une valeur ajoutée. Les infrastructures (routes, électricité, possibilités de logements) sont globalement meilleures que dans les autres provinces. En vrac, nous avons la Réserve de biosphère de Luki, les bonobos, le jardin de Kisantu, le barrage d’Inga, les grottes aux poissons aveugles, quelques belles chutes d’eau (Zongo, Vampa, Inga), des tombes funéraires d’une grande beauté, des plages aux cocotiers (Moanda, Nsiamfumu, Banana), Matadi, les mangroves de palétuviers, etc.

Plusieurs possibilités sont offertes au voyageur qui décide d’aborder le Bas-Congo à partir de Kinshasa. Soit en avion sur Matadi, Boma ou Moanda avec des vols quotidiens desservis par la compagnie Air Tropiques. L’atterrissage sur Matadi avec les courbes du fleuve est superbe.

Par la route. C’est la route nationale n°1, bien connue par son nom de “Route de Matadi”, une vue panoramique de la ville de Kinshasa, sur la colline de Joli Site à la hauteur de Mitendi, vous annonce l’approche du passage entre la capitale et le Bas-Congo.

La route est belle avec des paysages variés en fonction des lieux; palmiers, bambous et fréquemment des baobabs, l’arbre géant de la savane avec son écorce grise qui le protège de l’évaporation en saison sèche. La route grimpe les flancs de collines, plonge dans les vallées, contourne des gorges profondes et croise différents villages en chaume ou en tôles ondulées qui défilent de part et d’autre de la route. Unique au Congo, ces cimetières aux monuments funéraires étonnants appelés ntani ou fumani. Ils sont souvent accompagnés de statuettes évoquant le statut du défunt. Leur fonction est d’une part de rendre hommage aux ancêtres selon la tradition, mais aussi de baliser le domaine foncier

Géographie

Située à proximité de Kinshasa, la province du Bas-Congo, cette espèce de pipette de la RDC qui relie le pays à l’océan Atlantique, avec une bande côtière de 38 kilomètres seulement, est la seule province maritime du pays. Des confins de Kinshasa à Banana, elle couvre une distance de près de 630 kilomètres. Le Bas-Congo est borné au nord par le Congo-Brazza, au sud par l’Angola, à l’est par la ville de Kinshasa et la province de Bandundu, et à l’ouest par l’océan Atlantique et l’enclave de Cabinda (Angola). Sa superficie est de 53 947 km², soit 2,3 % de la superficie du pays ce qui en fait la plus petite province.

Matadi est chef-lieu de la province. C’est le lieu de résidence du gouverneur, des ministres provinciaux et le siège de tous les services administratifs. La province comprend trois districts et deux villes, à savoir : district du Bas-fleuve avec comme chef-lieu Tshela. Ce district regroupe les territoires de Tshela, de Seke-Banza et de Lukula. District des Cataractes avec Mbanza Ngungu comme chef-lieu. Ce district est constitué des territoires de Mbanza Ngungu, de Songololo et de Luozi. District de la Lukaya. Les territoires de Madimba, de Kasangulu et de Kimvula constituent le district avec Inkisi, comme chef-lieu.

Le relief est dominé par des soulèvements du tertiaire qui se concrétisent entre Kinshasa et Matadi par la chaîne des Monts Mayumbe (ex-Monts de Cristal), et prolongent la savane boisée jusqu’à l’Atlantique.

La chaîne des Monts Mayumbe comprend :

- Le massif de Pallabala (560 mètres d’altitude) situé en amont de la ville de Matadi, dans l’angle formé par le fleuve Congo et la voie ferrée au delà de la rivière Mpozo.

- Le plateau de Bangu, massif schisteux à l’est du fleuve et au nord de Kitobola.

- La zone des cataractes située sur des plateaux avec quelques collines dispersées.

- Les collines du Mayumbe.

- La zone littorale coincée entre l’Angola et l’enclave de Cabinda, avec son ouverture maritime est une région des terres marécageuses limitée à l’arrière par des plateaux.

Avec un climat influencé par les courants marins, le Bas-Congo est soumis à un climat tropical humide, avec des influences du courant marin froid de Benguela sur le climat de la région littorale. La saison sèche s’étend de mai à octobre. Le Bas-Congo est aussi la province qui compte le moins de jours de pluie. Et la ville de Mbanza Ngungu, perchée en altitude connaît un climat particulièrement clément durant toute l’année. Plus on se rapproche de Kinshasa, plus le climat perd son caractère océanique et épouse les caractéristiques du climat tropical humide.

Côté végétation, le Bas-Congo offre une grande diversité de paysages constituées de forêts denses et humides dans le Mayumbe, avec une mosaïque de forêts résiduelles et de mangroves sur la côte. Par endroits, le paysage est balisé par de grands baobabs. Pour le reste ce sont principalement des galeries forestières qui alternent avec de la savane herbeuse. Les mangroves sont ces formations végétales partiellement immergés où poussent des palétuviers aux racines aériennes. Cette végétation particulière renferme des palmiers phénix et des raphias en abondance enlacés parfois en d’inextricables fouillis de lianes.

La forêt de Mayumbe est le prolongement de la forêt équatoriale gabonaise. Jadis facile à confondre avec la sylve équatoriale, cette forêt a été agressée durant des décennies d’exploitation incontrôlée. L’industrie du bois, les coupes sauvages pour le bois de chauffage et l’agriculture sur brûlis ont cependant laissé de modestes morceaux de forêts.

Histoire

Historiquement, il est tentant de rapprocher l’histoire du Bas-Congo à celle du pays, par le fait que d’une part, l’actuelle province du Bas-Congo faisait déjà partie du Royaume Kongo qui englobait le nord-ouest de l’Angola, le sud-ouest de la République du Congo Brazzaville et le sud-ouest du Gabon, et d’autre part, cette province a été le premier point de contact avec les premiers européens arrivés à l’embouchure du fleuve Congo en 1942 avec l’accostage de l’explorateur portugais Diego Cão. Stanley et son équipe arriveront plus tard pour le compte du Roi des Belges afin de consolider l’occupation du territoire. De grands projets comme la construction du chemin de fer Matadi-Kinshasa et la construction du Port de Matadi furent lancés dans la deuxième partie du 19ème siècle. Lors de l’accession du pays à l’indépendance le 30 juin 1960, le Bas-Congo faisait partie de la province de Léopoldville qui couvrait les territoires actuels de Kinshasa, Bandundu et Bas-Congo. En 1962 la province de Léopoldville éclate en trois entités administratives distinctes, à savoir : la province du Kongo Central, avec Songololo comme chef-lieu avant d’être fixé à Matadi; la province de Bandundu, chef-lieu Kikwit et qui sera transféré plus tard à Bandundu-Ville et Léopoldville qui restera la capitale de la République.

Dans la foulée de « Congo pays magnifique » et « Les 4 trésors du Congo », Alain Huart et Chantal Tombu viennent de signer un nouvel ouvrage qui s’intitule simplement « Bas-Congo ». Des centaines de photos superbes et inédites et surtout une mine d’informations sur l’ensemble de cette province appelée aussi Kongo Central, la plus visitée et probablement la plus riche au niveau de son passé historique et culturel. Les auteurs proposent également des itinéraires thématiques, quantifiés en temps et distance, pour permettre à chaque touriste de visiter les plus beaux endroits de la province, mais aussi de partir à la rencontre des habitants et de découvrir leur vie actuelle. Edition Weyrich. 200 pages. 34€.

Economie

Avec une économie  fondée essentiellement sur la production agricole, la province du Bas-Congo est une des provinces les plus actives du pays avec celle du Katanga. Plus de la moitié de sa production alimente une grande partie du marché de consommation de Kinshasa. Plusieurs atouts favorisent cet essor, et notamment sa situation géographique, son sol fertile, son chemin de fer (à réhabiliter !) reliant Kinshasa à Matadi, le pont Maréchal sur le fleuve Congo en direction de Boma, le port et l’ouverture sur l’océan, et last but not least, les barrages hydroélectriques d’Inga.

Outre les cultures maraîchères et vivrières (légumes, manioc, haricots, banane, arachide,…), la production des arbres fruitiers (manguiers, avocatiers, orangers, mangoustaniers,…), le Bas-Congo avait développé de grandes plantations de palmiers à huile, de cacao, d’hévéa, de canne à sucre, de café (robusta) ainsi que des plantes médicinales. La gestion de ces cultures a comme le reste, souffert énormément des crises des années 90. L’élevage et la pêche occupent une place prépondérante. D’autres activités industrielles font du Bas-Congo une des provinces les plus dynamiques du pays. Il s’agit notamment de la production du ciment (à Lukala et à Kimpese).

On ne peut parler du Bas-Congo sans songer immédiatement au fameux site d’Inga. Situé à une quarantaine de kilomètres en aval de Matadi sur le cours inférieur du fleuve Congo, Inga puise sa force énergétique dans le puissant débit du fleuve Congo qui en cet endroit est de 43 000 m³ par seconde sur un dénivelé de 100 mètres sur 12 kilomètres. D’importants gisements pétroliers sont localisés dans la région du littoral et dans le Mayumbe. Seule la petite bande littorale, à Moanda, est exploitée actuellement.

En revanche, peu de forêts (à part la zone du Mayumbe) puisque dès le début de la colonie, on a abondamment exploité le bois, tant à usage domestique qu’industriel. Et aujourd’hui encore, le bois de chauffe (makala) vient principalement du Bas-Congo et du Bandundu, ce qui accroît la pression sur les forêts.

Population & langues

Les peuples “Ne Kongo” (entendez-là, peuples Kongo) représentent une mosaïque ethnique homogène avec un passé historique glorieux.

Pacifiques et disciplinés, les Ne-Kongo font état d’une grande hospitalité envers leurs nombreux voyageurs. Ils sont laborieux et s’adonnent à l’agriculture et à l’élevage pour l’autosuffisance alimentaire.

Les Ne-Kongo comprennent plusieurs sous-groupes dont le dénominateur commun est la langue Kongo. Les plus importants sont :

- Les Yombe (Bayombe), originaires du district du Bas-Fleuve. Ils occupent le territoire de Tshela et sont majoritaires dans les territoires de Lukula et de Seke-Banza. On rencontre aussi une forte communauté de ce peuple dans les villes de Boma et Matadi.

- Les Nyanga (Banyanga) occupent la rive droite du fleuve Congo, dans le territoire de Luozi.

- Les Ndibu (Bandibu) occupent les territoires de Songololo et de Mbanza Ngungu.

- Les Ntandu (Bantandu) habitent les territoires de Madimba et de Kasangulu.

Les autres tribus assimilées aux Ne Kongo sont les Vili (Bavili), les Woyo (Bawoyo) et les Solongo (Basolongo) qui occupent les bords de l’océan atlantique et l’Estuaire du fleuve Congo. Les Sundi (Basundi) occupent l’ouest de Lukula, les Singombe (Basingombe) se repartissent au nord de Mbanza Ngungu ; les Zombo (Bazombo) qui constituent un groupe important occupent l’aire de part et d’autre de la frontière angolaise, au sud des territoires de Mbanza Ngungu et de Madimba. Ailleurs ce sont les Mbata (Bambata) qui occupent une partie du sud du territoire de Madimba. Par contre, les Lemfu (Balemfu) se retrouvent dans le territoire de Kasangulu.

Axe touristique Kinshasa – Océan

Les accès

Par le fleuve. La navigation est impossible sur le fleuve entre Kinshasa et Matadi à cause des chutes Livingstone et celles d’Inga qui se succèdent sur environ 300 kilomètres.

De Matadi à Boma, le fleuve est constitué d’un bras unique de 500 et 2 000 mètres de large et profond de 25 à 30 mètres, il redevient navigable jusque Moanda.

Par chemin de fer. C’est théoriquement toujours faisable. C’est lent et très couleur locale et les horaires sont aussi peu garantis que le confort des voitures.

Par la route. C’est aujourd’hui l’accès le plus aisé pour circuler dans la province. Les routes et pistes sont globalement bonnes mais il est utile de se renseigner au préalable en fonction des endroits à atteindre et en fonction de la saison.

Par avion. Des liaisons quotidiennes à partir de l’aéroport de Ndolo (Kinshasa) vers Matadi, Boma et Moanda (Air Tropiques et KinAvia).

Quel tourisme ?

Comme pour l’ensemble du pays les possibilités de tourisme sont nombreuses mais ici, plutôt mieux organisées et balisées qu’ailleurs. De plus la région est très sécurisée. Ce sont au total une cinquantaine de sites qui sont accessibles, avec toujours ce minimum de précautions afin de faire face à d’éventuels imprévus. Gardons à l’esprit que les populations ne sont pas toujours habituées à voir des touristes arpenter sportivement leurs territoires par pur plaisir, il y a donc lieu d’être courtois envers elles et se présenter le cas échéant auprès du chef coutumier d’un village ou d’un territoire traversé. Concrètement cela signifie prendre le temps d’échanger quelques nouvelles et remettre quelques dollars.

De Kinshasa à Matadi

La route Nationale 1. La route est en bon état et il faut compter environ quatre heures de route. La circulation est toujours dense avec beaucoup de poids lourds dans les deux sens. Le tarif varie entre 30$ et 80$ en fonction du véhicule emprunté (taxi ou bus) sinon prendre en location un 4×4, à 200$ ou 250$ par jour. Beaucoup de véhicules fument, toussent, se traînent et sont mal équipés surtout en ce qui concerne les phares. En cas de panne ou d’accidents, ce sont des branchages déposés en amont sur la route qui feront office de triangle pour avertir les chauffeurs. La plupart des véhicules sont lourdement chargés de marchandises et de personnes et font peu de cas des piétons et cyclistes chargés de makala et autres denrées. C’est surtout la nuit et par temps de pluie avec une route rendue glissante par les pertes d’huiles des camions que le trajet est dangereux, particulièrement dans les descentes. Le paysage aride et vallonné des Monts du Mayumbe est très beau, avec en vert plus foncé, les galeries forestières pas encore tombées sous la scie des charbonniers. A une dizaine de kilomètres de Matadi, la descente sur la ville est superbe. On croise la rivière Mpozo qui serpente vers la vallée, avec le monument aux porteurs sur la droite et le Pic Cambier sur la gauche. Tout au long de la route, des sacs de makala (charbon de bois) sont à vendre pour approvisionner Kin. Pour votre info, seuls les sacs posés verticalement sont disponibles, s’ils sont couchés c’est qu’ils sont vendus ou réservés.

Kisantu

Situé à 120 kilomètres de Kinshasa. Aussi appelée Inkisi à cause de la rivière éponyme qui la traverse, la cité de Kisantu compte environ 60 000 habitants. C’est l’une des plus anciennes entités de la province, et l’on retrouve encore plusieurs maisons qui ont gardé le style colonial, fait soit avec armatures métalliques, soit en petites briques cuites. Sur les hauteurs, on peut admirer la grande mission catholique construite en 1893 avec l’imposante cathédrale d’architecture romane datant de 1926 et construite sur une colline surplombant la cité. Elle peut accueillir jusqu’à 4 000 fidèles. Kisantu c’est aussi l’escale marché avant de rentrer sur Kinshasa. On trouve tous les fruits et légumes de saison, hurlant de fraîcheur, en bord de route et à des prix évidemment plus attractifs qu’à Kin. La star c’est le mangoustan.

Il y a possibilité de se restaurer au jardin mais l’hébergement n’est pas garanti. Le visiteur a le choix de revenir au centre-ville pour faire son choix entre quelques établissements au centre de la Cité d’Inkisi notamment l’Inter Kisantu ou la Résidence Mbambu.

Hôtel Belle-vue

Situé à proximité du jardin botanique – Kisantu – - 08999662190812

40 chambres entre 35$ et 55$.

Confort basique mais propre. Climatisation ou ventilo. Cuisine : suggestions du jour.

Hôtel Inter Kisantu

Kisantu – Avenue Kasa-Vubu 22 – - 0810677068

20 chambres dont 8 avec ventilateur et 12 avec airco. Douche. Entre 20$ et 40$

Sur la route du marché. Mêmes propriétaires que l’Hôtel Inter Matongé et l’Hôtel Inter Limete à Kinshasa. Les 20 chambres au confort acceptable sont disposées de part et d’autre d’une étroite cour intérieure, avec le kitsch d’usage même si c’est propre et semble bien tenu. Restaurant avec les plats classiques habituels. PDJ non compris dans le prix de la chambre : 5$ de supplément. Night club.

Jardin botanique de Kisantu

Le jardin doit ses origines (1900) à l’œuvre du frère Justin Gillet. Il introduit de nombreuses espèces à des fins alimentaires et scientifiques. Le jardin jouit d’une grande réputation et abrite plus de 3 500 espèces rares et exotiques. Dans ce domaine de 225 hectares, traversé par 12,5 km de pistes et de sentiers pour des promenades à pied on peut passer d’un étang avec de nénuphars mauves et de bananiers ornementaux au bambou géant de Java. Près de la rivière Inkisi se dressent d’imposants palmiers Borassus. Parmi toutes les gammes de plantes du jardin, le mangoustanier constitue certainement la meilleure réussite du Frère Gillet. Cet arbre originaire du Vietnam s’est bien adapté au sol lourd et humide du jardin.

Zongo

Au petit village de Nsanga, à droite, la route descend vers le barrage de Zongo. Celui-ci est construit sur la rivière Inkisi qui se jette dans le fleuve Congo au nord.

Chutes de Zongo

Province du Bas-Congo. Non loin de Kisantu – - – 0819980880

www.selisafari.com Accès : prendre la route de Matadi, passer le péage de Lasangulu, continuer jusqu’à Sona Bata. Prendre sur la droite juste avant le marché qui se trouve à gauche, un panneau indique la direction. Une fois dans le village, passer le chemin de fer et longer la mission par la droite. Continuer sur la route principale jusqu’au carrefour de Sanga et prendre à droite. Passer le pont de la centrale hydroélectrique, le site de Seli Safari Zongo se trouve un peu plus loin.

A 135 kilomètres de Kin (deux à quatre heures de route en fonction de la saison et de l’état de la route). Au bout d’une piste qui semble interminable, jalonnée de nombreux hameaux, on découvre ébahi le site touristique de Seli Safari Zongo. Il faut dire que le contraste avec les villages rencontrés sur la route est tout simplement surréaliste. Aménagements ultra modernes, site et service impeccables, tout a été pensé pour la détente et le confort des visiteurs. Mais le clou du spectacle, c’est bien ces impressionnantes chutes d’eau qui tombent en cascade et avec fracas du haut de 67 mètres. On en ressort abasourdi et mouillé de la tête aux pieds. A visiter si possible en saison des pluies, malgré l’accès moins aisé, pour un spectacle encore plus impressionnant. La visite peut s’agrémenter d’une promenade dans la forêt environnante et de baignades dans la piscine ou dans la rivière Inkisi, ainsi que d’un moment farniente sur la plage Sunguza et ses trois chutes “à massage” (accessible en voiture). Voire même, si l’on dispose d’un bon véhicule, d’un petit détour par l’embouchure du fleuve qui offre aussi un paysage spectaculaire. Logement en chalets (65$), bungalows ou chambres (100$), ou dans les villas de luxe (à partir de 250$). Au restaurant, petit déjeuner (5$) et repas à la carte. Le must : un barbecue sous les paillotes en dur (forfait global ou location de l’espace et du BBQ si on amène sa nourriture). Les soirées étant fraîches, penser à prévoir des vêtements chauds. Et des boules Quies pour dormir si le bruit des chutes incommode… Possibilité d’organiser le transport depuis Kinshasa en réservant auprès de Seli Safari.

Seli Safari Zongo

081 99 80 881  -  099 99 80 280. www.selisafari.com

L’accueil, l’hébergement, la restauration et l’accompagnement à Zongo sont garantis et assurés sur place par Seli Safari Zongo. Avec ses confortables villas, bungalows, des chalets et tentes pour le camping, Seli Safari Zongo offre des conditions de séjour les plus agréables et des nuits inoubliables avec des feux de bois nocturnes au bord de la rivière Inkisi. Les repas sont servis en buffet ou à la carte, sous des paillotes rustiques, ou en salle. Déco de bon goût manifestement inspirée des meilleurs exemples sud-africain. Quant aux jardins, ils sont fleuris toute l’année et aménagés par Madame Sunguzu.

Mbanza Ngungu

Mbanza Ngungu, anciennement Thysville, et Sona Qongo avant 1904) est située le long de la ligne de chemin de fer Matadi-Kinshasa dont elle est la principale étape. La ville se situe à 154 kilomètres de Kinshasa, 234 kilomètres de Matadi et 34 kilomètres de Kisantu. Elle compte environ 120 000 habitants et est la troisième ville du Bas-Congo. La ville est située dans une région de collines et de vallons et de ce fait la température est toute l’année plus agréable que dans le reste de la province. Le belvédère (785 mètres d’altitude), les fameuses grottes connues pour les petits poissons blancs et aveugles et le jardin botanique de Kisantu (30 km) représentent l’essentiel des choses à voir. Une des nombreuses grottes abrite aussi un cimetière où est enterré un chef noble, du nom de Mdombolozi Finzolwa, né en 1684. En 1960, quelques jours après l’indépendance, une mutinerie importante éclata emmenée par des soldats indigènes face à leurs officiers blancs.

Les grottes

Elles constituent l’attrait majeur de Mbanza Ngungu. Découvertes à partir de 1915, ces grottes sont situées au sud-est de la cité. De plusieurs grottes existantes, trois seulement ont été valorisées pour protéger un spécimen rare et unique au monde, à savoir le poisson aveugle. Il s’agit des grottes Lukatu (ex Randour), Dimba ou Finzolua Ndombolozi (ex Tordeur) et Ngovo. Mais par manque d’entretien, des éboulements et érosions à certains endroits ont eu raison de ces sites et ont obstrué l’entrée. L’accès aux grottes n’est pas toujours aisé même avec un bon 4X4, surtout en saison des pluies. Toutefois, il est agréable de faire l’excursion à pied à partir de la ville. Il faut prévoir à boire et à manger car l’endroit est désert, de même que des torches. Des chaussures de marche n’y sont pas du luxe car certains passages escarpés dans les grottes sont glissants. Il vaut mieux être en bonne condition physique pour profiter de l’excursion. Actuellement seule la grotte de Finzolua Ndombolozi, située à 5 km, est facilement accessible. C’est un tunnel naturel, découvert en 1915 par le colonel belge Tordeur. Cette grotte occupe le pied des collines à environ 5 km au sud de Mbanza Ngungu, dans le village de Mbamba Ntoto. Elle traverse une grande partie du district des Cataractes dont on dit qu’aucun visiteur n’a jamais atteint son bout. A quelques mètres à l’entrée, se trouve à gauche une tribune de 6 mètres sur 4, aménagée pendant la colonisation. Non loin de là on peut visiter la tombe de l’ancêtre et chef du village Finzolua Ndombolozi qui serait né en 1684 suivant son épitaphe. Généralement, la visite ne dépasse pas 965 mètres à l’intérieur de la grotte. Les intrépides touristes peuvent toujours essayer d’aller plus loin… Il existe des dépôts de guano de chauve-souris encore utilisé comme fumier pour fertiliser le sol des jardins et cultures maraîchères. Cette grotte constitue un lieu merveilleux, dont le mystère constitue son charme. Mais les poissons sont vraiment petits … Les périodes favorables pour des visites sont : mi-décembre à mi-janvier, et juin à octobre. Les visites sont organisées les week-ends et les jours fériés.

Le mangoustan, un fruit merveilleux

Originaire du Vietnam, ce fruit a été importé au Congo par le Père Justin Gillet, celui-là même qui créa le jardin de Kisantu. Protégée par une épaisse écorce grenat, sa chair blanche comme la neige et sa douce et délicieuse saveur sucrée lui ont valu le titre de roi des fruits tropicaux. Mais au-delà de ses propriétés gustatives, le mangoustan, écorce comprise, est un véritable champion pour les effets bénéfiques de la santé : antioxydant puissant, il renforce le système immunitaire, combat le cholestérol, guérirait la dysenterie, le diabète, la leucémie et certains cancers, … Il est aussi antiallergique, actif dans le traitement des maladies nerveuses et agit sur les maladies de la peau, etc… Un véritable dispensaire à lui tout seul.

- Le Marché aux légumes de Mbanza Ngungu.

Située à une altitude de 741 mètres avec un climat tempéré, la Cité de Mbanza Ngungu produit de nombreuses variétés de fruits et légumes que vous trouverez en abondance sur les étals du marché le long de la grande route. Ambiance du marché à la criée et dégustation garantie. En plus, c’est du bio.

- Curiosités architecturales : il existe encore de nombreuses maisons datant du début de l’époque coloniale qui ont la particularité d’être construites en charpentes métalliques importées d’Europe, assemblées sur place et complétées par des matériaux locaux. D’autres maisons sont construites sur pilotis.

- La Gare : avant l’indépendance, Mbanza Ngungu s’appelait Thysville et constituait le siège de la direction du chemin de fer Matadi-Léopoldville. Albert Thys fut le promoteur de la construction du chemin de fer qui débuta en 1890 pour aboutir en 1898 à la ligne Matadi-Léopoldville. Avec une autorisation obtenue sur place, vous pouvez faire une visite des ateliers de réparation de matériel ferroviaire dans la gare de Mbanza Ngungu.

- Le monument de Mfumu Lutunu au chef-lieu du secteur de Ngombe Matadi, érigé en mémoire d’un chef coutumier qui fut aussi domestique du célèbre explorateur Stanley.

A 42 kilomètres de Mbanza Ngungu, le visiteur pourra faire un détour – si sa curiosité est aussi commerciale – la Société Sucrière de Kwilu Ngongo.

- Lukala

Après la petite localité de Tumba, le chemin de fer enjambe la grande route et on entre dans la petite cité industrielle de Lukala. Cette cité doit sa renommée à la fabrication de ciment exploité par la société Malta Forrest : CILU. Des engins vont et viennent des carrières de calcaire et d’argile. Des panaches de fumée s’échappent de cheminées. Derrière une petite forêt un calme s’établit dans cette vaste cité-dortoir moderne construite pour les travailleurs de l’usine. La visite de l’usine elle-même peut constituer une curiosité touristique pour les amateurs. A moins de préparer un mémoire sur la fabrication du ciment en Afrique subsaharienne, ce n’est pas un spot incontournable…

Hôtel des Cascades

- – 243898536396

20 chambres entre 20$ – 35$ – 40$. Ventilo. Très agréable dès l’entrée avec la petite cour. Restauration.

Poulet Show

quartier Noki – avenue du Bois de Noki – - 243819479866

Les 7 chambres sont réparties en deux résidences situées à 500 mètres. Tarifs : 30$ – 40$ – 45$.

Belle terrasse et salle de réunion. Restaurant sous paillote. Propre et spacieux. Salle de bain commune. Calme avec vue sur la nature.

Cité de Nkamba

Nkamba, « Jérusalem » est située à 225 kilomètres de Kinshasa et 70 de Mbanza Ngungu. Elle est bâtie sur une petite colline avec des cases disposées selon un plan schématique comprenant des maisons d’habitations, le grand escalier, les cases des malades, les maisons des moniteurs, le mausolée du Prophète Simon Kimbangu. Le « Tempelo » ou Temple (37 000 places assises !) se présente avec deux tours au nord. La Cité Sainte de Nkamba est séparée du village de Ngombe Kinsuka par un vallon dans lequel coule une petite rivière dont la source se trouve à quelques centaines de mètres en amont, et qui forme une sorte de piscine naturelle d’une centaine de mètres de long sur une soixantaine de large avec une profondeur de près de deux mètres. Lieu de pèlerinage pour des milliers des visiteurs qui y affluent chaque année, cette rivière  purifie et guérit des malades, dit on. La Cité de Nkamba abrite différents clans, mais elle est surtout le lieu qui vit naître Simon Kimbangu le mercredi 12 septembre 1887, soit douze ans après l’arrivée des Missionnaires protestants dans l’Etat Indépendant du Congo. Il prophétisait la libération de l’homme noir. Condamné à mort à Mbanza Ngungu par le pouvoir colonial, il sera transféré et incarcéré à la prison de Kabongo à Lubumbashi où il mourut en 1951, après 30 ans de détention. Ses restes furent rapatriés à Nkamba où un Mausolée a été érigé. Tout est impeccable et il règne ici une atmosphère très agréable. L’hébergement et la restauration sont assurés sur place par la communauté kimbanguiste.

Barrage d’Inga

Point central des cataractes qui de Kinshasa à Matadi, empêchent la jonction des biefs navigables du Haut-Congo et Maritime, le site d’Inga s’est imposé au fil du temps comme un des plus importants réservoir hydroélectrique du monde. Sur une dénivellation de 100 mètres s’étendant sur 12 kilomètres, la force énergétique de ce bassin est due au débit du fleuve qui atteint ici 43 000 m³/s, et qui depuis le Pool Malebo se précipite à la faveur de nombreux étranglements et d’une pente prononcée dont les cascades atteignent la hauteur de près de 100 mètres.

Situées à une quarantaine de kilomètres du port de Matadi en amont du fleuve, les chutes d’Inga permettent la mise en place d’un grand projet d’électrification. Selon la volonté du Maréchal Mobutu, une ligne à haute tension relie Inga au Katanga (1 700 km) ce qui obligeait ainsi la province du Shaba à dépendre de Kinshasa pour son alimentation en énergie. Le complexe d’Inga comprend trois ensembles : Inga I d’une puissance de 341 mégawatts (1972); Inga II inauguré en 1982 avec une puissance de 1 424 mégawatts et Inga III en construction dont la puissance pourrait atteindre 3 500 mégawatts. Les projections les plus optimistes affirment que dans sa phase finale (Grand Inga), ce complexe hydroélectrique pourrait fournir du courant à toute l’Afrique (45 000 mégawatts). Mais pour cela, des investissements gigantesques sont nécessaires (on parle de 40 millions de dollars), sachant que l’ensemble actuel est aménagé à 3% de sa capacité totale… Des visites guidées sont organisées tous les jours avec autorisation préalable auprès du siège de la SNEL. A l’entrée, même avec les documents en règle, il faudra une fois de plus être patient… L’intérêt de la visite complète qui compte une douzaine d’étapes, dépendra principalement de la qualité du guide qui est attribué. Certaines parties des installations sortent tout droit des années 70 et expriment une fois de plus le manque notoire d’investissements. Pour le reste, le site est immense et de superbes vues sont possibles. Possibilité d’hébergement (réservation préalable) et de restauration avec un excellent service en salle, du moins au moment de notre passage.

Contacter le chef de protocole à Inga : nzeza@yahoo.fr – Tél 085 51 19 279. Ou s’adresser à la SNEL à Kinshasa.